L’endométriose est une maladie affectant l’endomètre, la muqueuse qui enveloppe l’utérus. Bien que cette pathologie touche jusqu’à 15% des femmes qui sont en âge d’avoir des enfants, ses causes restent encore peu connues. Souvent complexe, cette pathologie peut causer l’infertilité et avoir de lourdes conséquences physiques. Dans cet article, nous allons t’expliquer les symptômes, les causes, le diagnostic de l’endométriose et comment la traiter.
L’endométriose, c’est quoi?
L’endométriose est une maladie touchant le système reproducteur féminin. Il s’agit de la muqueuse utérine qui se propage à l’extérieur de l’utérus. Lors des règles, le sang menstruel est généralement évacué par le vagin. Il arrive cependant que ce sang remonte par les trompes de Fallope et aille se loger dans la cavité abdominale, ce qui est l’une des causes les plus fréquentes du développement de l’endométriose. Des petits îlots sont créés, qu’on appelle foyers. Ceux-ci peuvent se fixer aux ovaires, aux intestins, à la vessie voire dans les cas les plus extrêmes, remonter jusqu’aux poumons. Ces foyers saignent comme le ferait la muqueuse placée dans l’utérus. Le sang est alors libéré dans les zones du corps qui sont touchées. Ceci peut aggraver la maladie, car cela permet à d’autres foyers de se former. Ils s’accumulent alors dans l’abdomen.
Les différents types d’endométriose
L’endométriose est classée en fonction de la localisation et de la profondeur des implants de tissus endométriaux à l’extérieur de l’utérus. Voici les principaux types d’endométriose :
1. Endométriose péritonéale superficielle
La forme la plus courante où les implants se trouvent sur la surface péritonéale, la membrane qui tapisse la cavité abdominale. Ces implants sont souvent petits et plats, semblables à des taches ou des lésions superficielles.
2. Endométriose ovarienne (endometriomes)
Se manifeste par des kystes sur les ovaires, appelés endométriomes ou kystes chocolat. Ces kystes contiennent un liquide épais et sombre, résultant de saignements récurrents du tissu endométrial.
3. Endométriose profonde infiltrante
Les implants pénètrent plus profondément dans les tissus pelviens, comme les ligaments utérosacrés, le rectum, ou la vessie. Ce type est souvent associé à des douleurs sévères et peut entraîner des complications plus graves.
4. Endométriose diaphragmatique et thoracique
Les implants se trouvent au-dessus du diaphragme, pouvant affecter les poumons et entraîner des douleurs thoraciques, pneumothorax ou hémothorax. Ce type est rare, mais nécessite une attention particulière.
5. Endométriose extrapelvienne
Très rare, où les implants se trouvent en dehors de la cavité pelvienne, comme sur le foie, les reins, ou même le cerveau. Peut entraîner des symptômes inhabituels selon la localisation des implants.
Chaque type d’endométriose présente des défis uniques en termes de diagnostic et de traitement. Une approche personnalisée est souvent nécessaire pour gérer efficacement les symptômes et améliorer la qualité de vie des femmes atteintes de cette maladie complexe.
Quelles sont les causes de l’endométriose?
L’endométriose est une maladie qui soulève encore un grand questionnement. En effet, elle est complexe et les causes de son apparition ne sont pas encore complètement établies. Il existe toutefois plusieurs hypothèses. La plus répandue d’entre elles est celle du sang menstruel qui remonte vers l’abdomen par les trompes de Fallope. Les cellules utérines les plus résistantes se fixent aux tissus et se développent pour former des foyers qui sont, la plupart du temps, douloureux.
Les polluants de l’environnement comme la dioxine peuvent également favoriser le développement de cette maladie. Toutefois, les causes de l’endométriose, qui sont bien souvent multifactorielles, ne peuvent pas encore être complètement définies aujourd’hui.
En bref, les causes exactes de l’endométriose ne sont pas entièrement comprises, mais plusieurs théories et facteurs de risque sont associés à son développement:
- Menstruation rétrograde: Flux menstruel qui remonte par les trompes de Fallope et se fixe sur les organes pelviens.
- Transformation de cellules péritonéales: Sous l’influence d’hormones ou de facteurs immunitaires, les cellules péritonéales (tapissant la cavité abdominale) se transforment en cellules endométriales.
- Embryonic cell transformation: Pendant la puberté, des hormones peuvent transformer certaines cellules embryonnaires en cellules endométriales.
- Implantation chirurgicale: Après des interventions chirurgicales, comme une césarienne, des cellules endométriales peuvent se fixer sur des incisions chirurgicales.
- Transport des cellules endométriales: Les vaisseaux sanguins ou lymphatiques peuvent transporter des cellules endométriales vers d’autres parties du corps.
- Facteurs génétiques: Antécédents familiaux d’endométriose peuvent augmenter le risque de la développer.
- Problèmes immunitaires: Un système immunitaire défaillant peut ne pas reconnaître et détruire les tissus endométriaux à l’extérieur de l’utérus.
- Influence environnementale: L’exposition à certains toxines environnementales pourrait contribuer au développement de l’endométriose.
- Facteurs hormonaux: Production excessive d’œstrogènes peut favoriser la croissance des tissus endométriaux.
Quels sont les symptômes de l’endométriose?
Les symptômes de l’endométriose peuvent être difficiles à identifier, car ils s’apparentent à des douleurs menstruelles dites “normales”. Cette pathologie se manifeste par des douleurs dans le bas-ventre avant les règles ou pendant, ce qui rend sa détection plus lente et complexe. Toutefois, certains signes peuvent être identifiés, notamment:
- Des douleurs lors des rapports sexuels
- De la difficulté à la miction ou lors des selles
- Un manque d’énergie constant
- Des douleurs dorsales
Si tu as l’un ou plusieurs symptômes qui s’apparentent à l’endométriose, n’hésites pas à contacter ton/ta gynécologue pour qu’il/elle puisse te faire un examen complet. Il/elle sera en mesure de t’orienter en cas de diagnostic d’endométriose.
Comment repère-t-on l’endométriose?
L’endométriose peut être détectée par un simple examen gynécologique si les foyers sont placés dans le vagin. Une échographie peut également être effectuée pour ceux qui sont placés hors de l’utérus. Si le doute persiste, on peut te faire un IRM ou une laparoscopie, qui est une intervention peu invasive. Il s’agit d’un petit tube muni d’une caméra que l’on introduit dans l’abdomen par une petite incision. Le médecin va alors explorer la zone et prélever un échantillon de tissu, qui sera ensuite étudié au microscope pour valider ou non la présence de foyers, ou les ôter si le diagnostic peut être directement validé.
Peut-on traiter l’endométriose?
Plusieurs traitements sont disponibles pour soulager ou traiter l’endométriose. On distingue principalement trois moyens d’y parvenir:
1. Les médicaments: le médecin prescrit des anti-inflammatoires. Cela soulage la douleur mais ne permet pas de soigner la maladie. Cette méthode est favorisée pour les cas légers.
2. La thérapie à base d’hormones: dans les cas les plus graves d’endométriose, on te prescrit un traitement à base d’hormones. En effet, les foyers sont sensibles aux hormones sexuelles du corps, et le but est de les rendre inactifs en administrant des progestatifs. On peut également te donner la pilule contraceptive qui empêchera ces hormones d’agir. S’il est nécessaire de complètement bloquer l’activité ovarienne, on te prescrira de la progestérone de synthèse, qui assèche les foyers et qui les empêche de croître. Toutefois, ce traitement amène des effets secondaires conséquents, semblables à la ménopause et ne traite pas complètement l’endométriose.
3. La chirurgie: si des foyers sont détectés pendant la laparoscopie, le chirurgien intervient et découpe les foyers au laser, sans endommager les tissus avoisinants. Cette opération est très précise, mais reste délicate ! On peut également envisager l’ablation de l’utérus, des ovaires et des trompes de Fallope, mais elle t’empêchera d’avoir des enfants. Cette intervention est donc plutôt conseillée lorsque le couple n’a plus le désir de procréer ou si la maladie est telle qu’on n’a plus le choix. Mais ne t’en fais pas, c’est uniquement dans les cas les plus extrêmes ! Il est donc important de se faire diagnostiquer au moindre doute.
Peut-on avoir des enfants si l’on souffre d’endométriose?
Les femmes souffrant d’endométriose peuvent rencontrer des difficultés pour tomber enceinte. En effet, 50% des femmes infertiles souffrent d’endométriose. Mais, si tu es atteinte de cette maladie, il existe encore plusieurs recours. Comme mentionné plus haut, les traitements médicamenteux peuvent stabiliser ou améliorer l’endométriose. Il est également possible de recourir à la fécondation in vitro, qui permettra de féconder l’ovule hors du corps. Il sera ensuite réinséré. La grossesse commence alors et permet même de freiner, voire d’atténuer la maladie jusqu’à la fin de l’allaitement.
Sources
- L’endométriose, HUG
- L’endométriose, des réponses à vos questions, HUG
- Laparoscopie, Hirslanden
- Endométriose, Hirslanden

